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Ce que Tunis ne m'a pas dit

Tunis regroupe ses angoisses viscérales collectives, sa gentillesse parfois ridicule, ses regards qui ne se croisent pas, qui se dérobent, ou qui s’attardent à réveiller les plus refoulées des paranoïas. A la sortie des bureaux, elle mélange passants, curieux et indifférents avec fonctionnaires délivrés, hommes de loi aux cartables bondés et banquiers toujours bien habillés. Les trottoirs ne sont pas encore à l’heure des panses expansives à déboutonner ses chemises et à laisser entrevoir ses tricots de peau en premier. Ces moins de mille mètres d’Avenue sont le lieu qui conserve le mieux les réminiscences immatérielles de l’histoire nouvelle du pays. C’est là où l’on peut encore avoir l’illusion d’appartenir à une autre époque, d’avoir un autre âge, une autre conscience. C’est là où l’on se permet encore le plus d’être saoul dans la rue, d’être fou quand on veut, putain et respectée, ou encore, libre comme un clochard. On exagère son maquillage, son extravagance, sa misère ou son esprit dérangé.

Tunis n’est pas qu’un centre ville. Ce n’est pas une cité, ce n’est pas un quartier, ce n’est pas un coin, c’est un monde. C’est là où l’on peut encore avoir quelque chose à dire, quelque chose qu’on a oublié de dire en d’autres temps. Ou alors une légende à entretenir. C’est là on l’on peut encore transformer ses ratages en gloires, ses tas de connaissances en intellectualité, ses délires en art, son inconscience en héroïsme ou sa laideur en beauté.

Prix Découverte Comar 2008

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Ce que Tunis ne m'a pas dit
Eclats de vie
22/02/2008
11x19 - 144 pages
ISBN 9789973580085
11,000 DT / 13,90 €

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